En collaboration avec Hydro-Québec et le MFFP, le BETO a élaboré une technique afin de détecter et de quantifier la présence de poissons dans le déversoir du barrage hydroélectrique de Drummondville.
À cet endroit, le débit de la rivière Saint-François est segmenté en deux parties : la centrale qui en turbine une partie pour produire de l’énergie, et le déversoir qui évacue l’excédent d’eau. La topographie du lit de la rivière fait en sorte que lorsqu’il n’y a pas assez d’eau, plusieurs petites fosses deviennent isolées les unes des autres et il peut arriver que des poissons restent pris à l’intérieur. C’est pour cette raison qu’Hydro-Québec laisse volontairement un écoulement continu dans le déversoir lors de la période de reproduction des poissons afin qu’ils puissent se déplacer librement.
À l’été venu, après la période de reproduction des poissons, les gestionnaires d’Hydro-Québec ajustent le patron d’écoulement de la rivière Saint-François afin de turbiner plus d’eau, ce qui entraîne un écoulement pratiquement nul dans le déversoir.
Dans le but d’éviter que des poissons demeurent captifs dans les fosses lors du rétablissement des débits d’eau, nous avons réalisé de nombreuses observations au cours du printemps afin de déterminer approximativement le nombre de poissons présents dans ces fosses, et de savoir lesquelles d’entre-elles semblaient les plus problématiques.
Deux méthodes ont été testées simultanément afin de répondre à ces questions : 1) observation sur place avec des lunettes polarisantes afin de mieux voir dans l’eau et 2) observation à l’aide d’un drône.
L’excellente collaboration avec le personnel d’Hydro-Québec permet ainsi de moduler les débits d’eau afin de favoriser une bonne transition vers un déversoir sans écoulement. Ainsi, lors de la transition, les opérateurs ajustent au besoin la capacité de turbinage de la centrale afin de créer une succession de retrait des eaux dans le déversoir (à la manière de nombreux petits ‘’coups d’eau’’), ce qui entraîne un retrait progressif des poissons présents dans les fosses. À chaque ‘’vague’’, un certain nombre de poissons quittent de déversoir et regagnent le chenal principal de la rivière, et ce jusqu’à temps qu’il n’en reste plus. Ces interventions peuvent prendre plusieurs jours!
En faisant de l’observation en temps réel, cela permet d’affirmer qu’aucun poisson ne reste pris, et si tel est le cas, cela nous permet aussi de prendre les mesures nécessaires pour les retirer.Ces observations se poursuivent chaque printemps/été depuis 2018.