Depuis 2012, le Bureau environnement et terre d’Odanak réalise un suivi de la reproduction de l’esturgeon jaune dans la rivière Saint-François. Le projet a débuté par la recherche d’adultes reproducteurs et de sites de déposition d’œufs dans la portion aval de la rivière (entre Odanak et Drummondville). Cela nous a permis de déterminer que la fraye de l’esturgeon jaune dans cette rivière se déroule principalement dans le bief aval du complexe hydroélectrique de Drummondville. Depuis 2014, le but du projet est donc de mieux documenter son écologie de reproduction à cet endroit en répondant aux objectifs spécifiques suivants : 1) effectuer le suivi des sites de dépôt d’œufs, 2) estimer le nombre de reproducteurs, 3) estimer le nombre de larves dérivantes, et ultimement 4) évaluer le succès reproducteur (nombre d’œufs/nombre de larves). Selon ces observations, il est par la suite possible de suggérer des modifications aux mesures de gestion hydrologique si elles venaient à compromettre le succès de la reproduction.
Les principaux constats qui découlent de cette étude sont :
- Il semble y avoir autour de 50 femelles reproductrices qui viennent frayer à Drummondville annuellement;
- Le choix final du site de ponte semble étroitement lié au patron d’écoulement de l’eau au complexe de Drummondville (eau turbinée vs. eau déversée);
- La gestion globale des débits d’eau aux centrales hydroélectriques semble influencer l’écologie de reproduction de l’esturgeon. Les éléments susceptibles de perturber la fraye sont 1) la vidange d’eau et le remplissage au barrage de Hemmings afin de faire des manœuvres d’entretien et 2) les fluctuations de débit qui s’ensuivent;
- Le succès reproducteur varie autour de 1%, ce qui est comparable à d’autres frayères du Québec.
Diverses mesures de gestion ont été entendues depuis avec les principaux intervenants afin de limiter l’impact négatif sur les poissons qui frayent en aval des ouvrages hydroélectriques. Les plus notables sont 1) le maintien d’un écoulement écologique de 20 m3/s dans le déversoir de Drummondville en vue d’éviter des mortalités massives de poissons pris au piège dans les cuvettes (principalement des chevaliers), et 2) le maintien d’un écoulement total d’au minimum 75 m3/s entre le 1er avril et le 15 juin afin de maintenir un niveau adéquat sur tous les sites de ponte connus.
Ce projet s’est terminé en juin 2018. Vous trouverez ci-bas la documentation s’y rattachant.