Des aménagements d’habitats ont été réalisés sur le territoire d’Odanak afin de favoriser la libre circulation des poissons entre la rivière Saint-François et deux marais de type «perchés». Ces aménagements visaient en particulier les perchaudes venant frayer aux marais. Lors de faibles crues printanières, les niveaux d’eau ne permettaient pas aux perchaudes de franchir les anciens ponceaux, qui étaient alors en saillie par rapport à la rivière.
C’est pourquoi en 2014, nous avons réalisé un premier aménagement au marais #1 d’Odanak. Cela consistait principalement à changer le ponceau pour un plus gros en le renfonçant dans le substrat. Afin d’obtenir un ruisseau favorisant un écoulement adéquat à la montaison de la perchaude, nous avons refaçonné le parcours du ruisseau en l’allongeant considérablement et en créant une succession de petits bassins et de restrictions en pierre. Les nouvelles berges de cours d’eau ont été solidifiées par des tapis de noix de coco et une plantation d’arbustes, améliorant par le fait même la quantité de substrat de ponte disponible pour la perchaude. Un aménagement très semblable a par la suite été effectué au marais #2 en 2017.
Des suivis de la circulation des poissons et de la production larvaire ont été réalisés au marais #1 lors des printemps 2014 à 2019 ainsi qu’au 2e marais lors des printemps 2016 à 2019. Des suivis physicochimiques, de reprise végétale et de qualité des infrastructures ont également été réalisés au cours des années suivantes.
Jusqu’à maintenant, ces suivis permettent de présumer que les aménagements remplissent leurs fonctions. Même lors de faibles crues, les perchaudes peuvent se rendre aux marais sans contraintes. Les suivis de larves permettent également d’attester qu’il y a une fraye à chaque année.
Toutefois, un certain potentiel d’habitat de fraye et de croissance des jeunes est toujours inaccessible en raison des bas niveaux d’eau observés lors de certains printemps (et accentués l’été). Comme la totalité de la superficie du marais est considérée comme un habitat de reproduction et d’alevinage de grande qualité, une moins grande quantité d’eau se traduit automatiquement par une perte de potentiel d’habitat pour la perchaude venant y frayer. Qui plus est, un niveau d’eau légèrement plus haut serait un atout pour plusieurs autres groupes d’espèces (amphibiens, reptiles, oiseaux aquatiques, etc.).
C’est pourquoi une nouvelle phase du projet est entamée en 2021-2022 qui consiste à réaliser une étude d’avant-projet pour rehausser le niveau de l’eau du marais #2. Un plan de surveillance a été mis en place, impliquant notamment de suivre le niveau de l’eau régulièrement, par des observations du ponceau, des photos du marais par drone et en mesurant le niveau de l’eau.