Depuis 2019, nous réalisons un projet sur le bar rayé en collaboration avec le Bureau environnement et terre de Wôlinak, le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki et le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs. Il existe plusieurs populations distinctes de cette espèce, et l’une d’entre elles demeure dans le fleuve Saint-Laurent entre Montréal et Kamouraska pendant toute l’année.
Autrefois, on retrouvait dans le fleuve Saint-Laurent une population très abondante de bars rayés. Cette espèce a fait l’objet de pêches récréatives et commerciales de grande intensité, si bien que la population a été considérée éteinte au courant des années 1960. L’espèce a été désignée « en voie de disparition » afin de la protéger, ainsi que ses habitats essentiels. Il y a quelques années, les gestionnaires de la faune ont enclenché un processus de réintroduction du bar rayé dans le Saint-Laurent.
Aujourd’hui, après plusieurs années d’effort, la situation semble s’améliorer graduellement. Des secteurs sont réutilisés à nouveau, de nouvelles frayères sont découvertes et de jeunes individus sont capturés (ce qui témoigne d’une bonne reproduction). Les nombreux travaux de recherche, y compris le nôtre, ont grandement contribué à accroitre les connaissances sur cette espèce et son évolution.
Nos travaux visent plus précisément à identifier les habitats essentiels de cette population à différents moments de l’année, plus particulièrement dans le secteur de l’archipel des îles de Sorel. Nous y documentons la présence de reproducteurs, d’œufs et de larves tout en suivant le déplacement des individus au fil de l’année à l’aide d’outils télémétriques.
Bien que la situation s’améliore, l’espèce conserve toujours son statut légal d’espèce « en voie de disparition ». Comme les pressions sur son milieu sont toujours bien présentes et que la dynamique des populations animales est un sujet extrêmement complexe qui évolue sur de longues périodes de temps, il est primordial de poursuivre les recherches qui aideront au rétablissement définitif de cette espèce et, ultérieurement, à établir des modalités de gestion saines et durables. Une chose est certaine : nous sommes sur la bonne voie !